Portrait du réseau #35 : Marine Largarde

« On ne pensait pas que nos amendements seraient retenus, c’est une fierté pour nous. On en ressort avec de nouvelles compétences intéressantes. »

Marine Lagarde est diplômée de Sciences Po Lille en 2014 où elle a validé un master « conflits et développement » avant d’intégrer l’Agence française de développement (AFD) où elle travaille aujourd’hui. Chez SPAF, elle est en charge des pôles locaux et a participé aux propositions d’amendements de l’association pour la proposition de loi visant à accélérer l’égalité économique et professionnelle entre les genres. La loi a été promulguée le 24 décembre et publiée au Journal officiel le 26 décembre.

Comment en êtes-vous arrivées à travailler sur les propositions d’amendements pour cette proposition de loi ?

Hélène, une adhérente qui est assistante parlementaire, nous en a parlé. Chez SPAF, nous avons pensé qu’y participer pouvait être un moyen de compléter l’arsenal de l’association, déjà positionnée sur la montée en compétences et le mentorat. C’était aussi une manière de gagner en visibilité. On a monté un groupe d’une dizaine d’adhérentes, étudiantes et diplômées. C’était la première fois qu’on travaillait en task force comme cela.

Comment vous êtes-vous organisées ?

Hélène nous a fait une mini-formation, donné les codes de rédaction des amendements, indiqué ce qui était modifiable. Nous avons analysé la proposition de loi, chacune a proposé des amendements et un grand nombre d’entre eux a été repris ! Nous avons reçu des remerciements de la part de député.es, et nous avons été contactées par une sénatrice qui souhaitait nous rencontrer, ce que nous avons fait.

Qu’en avez-vous tiré ?

Ça a été un succès pour l’association et auprès des adhérentes. C’était hyper valorisant, on ne pensait pas que nos amendements seraient retenus, c’est une fierté pour nous. On en ressort avec de nouvelles compétences intéressantes, notamment l’analyse des textes, la rédaction, le travail de lobbying, ça a renforcé notre connaissance des dispositifs déjà existants.

Ça nous a permis d’avoir des contacts au Sénat et à l’Assemblée nationale – on ne pensait pas qu’on pouvait y avoir accès. En fait, sur nos sujets, il y a une place à prendre, ils n’ont pas reçu beaucoup de propositions d’amendements. Nous avons aussi pu nous positionner sur les sujets d’influence. Un pôle dédié devrait voir le jour cette année. L’idée est de démarrer par un scan des programmes des candidat.es à l’élection présidentielle et produire une note de position, une analyse de comment ils et elles prennent en compte l’égalité.

Et toi à ton échelle, est-ce que tu avais déjà travaillé sur des amendements ou fait du lobbying ?

Jamais, même si je connaissais les codes de ce milieu en raison de mon engagement au sein d’un parti politique.

Peux-tu m’en dire plus sur ton métier ?

Je suis cheffe de projet de l’équipe finance durable à l’AFD. Je travaille aussi bien avec les Balkans, l’Irak, la Colombie ou la RDC. J’ai été positionnée sur la finance climat dès ma sortie d’école et ça a été une bonne découverte. Je travaille avec des banques publiques, on définit les opportunités de marché sur les activités de transition dans le pays, on définit le type d’investissements qu’on fait, on les aide à identifier les projets à mettre en place.

Un conseil pour les étudiantes qui souhaitent travailler dans ton secteur ?

Mon premier conseil c’est de ne pas négliger les aspects financiers du monde du développement, que j’ai, pour ma part, découverts sur le tas. Dans le cursus de l’IEP, on nous amène davantage vers des ONG et moins dans les agences de développement. C’est bien de s’intéresser à la finance.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de t’impliquer dans SPAF ?

Je suis adhérente depuis le début et bénévole depuis 2020. Je ne me retrouvais pas dans les associations d’alumni, et autour de moi, les mecs avaient tous construit un réseau solide informel, via le sport par exemple. Il me manquait un réseau professionnel dans lequel je peux me former et être à l’aise pour parler de la vie professionnelle, de mes questionnements. Je travaillais depuis plusieurs années quand je me suis rendue compte de difficultés à être une femme. J’ai été confrontée au harcèlement, à des collègues masculins plus âgés qui refusaient certaines tâches parce qu’assignées par une jeune femme. Ça a été déterminant pour moi dans mon envie de m’investir.



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