Portrait du réseau #25 – Clémentine Liogier

« Je considère la polyvalence comme une force car je m’intéresse à tous les enjeux, je m’épanouis intellectuellement, je suis ouverte d’esprit. »

Clémentine Liogier est diplômée de Sciences Po Grenoble en 2018. Elle a intégré l’IRA (Institut régional d’administration) de Lyon. Polyvalente, elle s’intéresse aussi bien aux politiques publiques qu’à la culture en passant par les RH, secteur dans lequel elle est actuellement en poste, à l’université de Nantes.


En quoi consiste ton poste actuel ?

Je suis responsable du pôle de gestion des enseignants à l’université de Nantes ; je m’occupe des enseignants, de leur recrutement à leur fin de carrière, la paye, les contrats mais aussi des choses plus macro comme par exemple la mise en œuvre d’un plan égalité femmes / hommes. J’encadre par ailleurs une équipe de dix personnes.

Qu’est ce qui te plaît dans ce métier ?

Il y a plein d’échelles d’intérêts. La question individuelle où tu gères les gens qui ont un souci sur leur paye par exemple ou alors les contractuels et doctorants que tu accompagnes dans leur insertion professionnelle. Il y a les enjeux propres aux lieux où tu travailles et des enjeux plus sociétaux, par exemple le Covid-19. On a dû se demander comment mettre en place de bonnes conditions de travail, comment s’organiser etc. Dans les RH je sais que je ne m’ennuierai jamais !

Qu’est-ce qui t’a menée dans cette voie ?

Les politiques publiques m’ont vite intéressée ; s’approprier des territoires, des enjeux, s’adapter à leurs spécificités. Mon premier stage à la mairie de Nîmes m’a convaincue. Mais quand je suis entrée à Sciences Po, je ne savais pas ce que je voulais faire. J’ai un profil polyvalent. Je m’intéresse à tout et j’ai envie de toucher à tout, tout le temps. C’est à la fois une force et une faiblesse. Cela dit, je la considère davantage comme une force car je m’intéresse à tous les enjeux, je m’épanouis intellectuellement, je suis ouverte d’esprit.

Ça a déjà été une faiblesse ? Et si oui, comment y remédier ?

Dans le cadre de ma mobilité, j’ai dû faire une bonne trentaine de candidatures. On me disait qu’elle était super, le feeling était bon, et finalement ils prenaient quelqu’un de plus expérimenté ou avec les diplômes dans le secteur, la spécialisation. En entretien, il faut démontrer qu’on s’intéresse au sujet. Le fait d’avoir travaillé dans plusieurs domaines me permet de capter rapidement de nouveaux enjeux et avoir un regard extérieur quand j’arrive dans un secteur. Là je travaille dans le secteur des RH alors que je n’en avais jamais fait avant.

Tu es arrivée sur ce poste après un projet de mobilité, comment ça s’est passé ?

Après l’IRA, je suis arrivée à la préfecture d’Annecy où j’étais en charge de la préparation des dossiers à destination des corps préfectoraux. J’ai appris à connaître la Haute-Savoie (74), ses enjeux, ses acteurs, ses politiques publiques. A un moment, je n’apprenais plus grand-chose et il n’y avait pas d’évolution à venir. Quand j’ai demandé une mobilité, j’étais en poste depuis deux ans. Généralement on est formé.e pour être en poste trois ans. Mais on peut demander à tout moment.

Quels conseils pour celles qui y pensent ?

Il faut être proactive. J’avais des collègues qui ont fait passer mon CV dans les services qui m’intéressaient par exemple. Je conseille aussi de postuler en candidature spontanée, surtout dans les collectivités territoriales. Il y a aussi la possibilité d’être mutée si les administrations de départ et d’arrivée donnent un avis favorable et celle de détachement ; après un temps dans une autre administration, soit tu restes, soit tu reviens à ton poste initial. 

Tu es mentor et mentorée chez SPAF, peux-tu m’en dire plus ?

Je réponds toujours aux sollicitations d’étudiantes très positivement car j’aurais aimé avoir des réponses quand j’étais à leur place, sur les concours par exemple. Je suis aussi mentorée. C’est agréable d’avoir quelqu’un à qui parler de situations de boulot, partager des trucs et astuces tout en ayant un regard neutre et extérieur que n’ont pas tes collègues ou tes proches. Ça permet de décoincer certaines choses. Par exemple, je parlais à ma mentor de mes questionnements par rapport au fait d’encadrer une équipe. Elle m’a tout de suite demandé si j’avais suivi une formation récemment. Je me suis dit, mince je n’y avais même pas pensé ! 

Qu’est-ce que tu dis aux étudiantes ?

Je leur conseille de prendre un moment dans la journée et se dire, qu’est-ce qui me plaît, qu’est ce qui est important pour moi professionnellement ? Je leur dis de ne pas s’autocensurer et passer les concours comme l’ENA et l’INET. D’ici deux ans j’envisage de le faire. Je me réfère à mon alter ego masculin qui aurait passé les concours dix fois déjà ! Je me pousse tous les jours.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *