Portrait du réseau #22 – Sigrid Berger

« J’ai lancé Profil Public pour réenchanter le recrutement du secteur public  »

Diplômée de Sciences Po Paris (2010) et de l’INET (Institut national des études territoriales), Sigrid Berger a travaillé pendant 5 ans à la Région Hauts-de-France puis à la Direction générale de Pôle emploi. Fin 2018, elle a lancé la plateforme d’emploi Profil Public pour renouveler l’approche du  recrutement du secteur public. Elle revient sur son parcours au sein de la fonction publique puis en tant qu’entrepreneure.

Est-il nécessaire de passer les concours pour entrer dans la fonction publique ?

Pas nécessairement, on peut rejoindre le secteur public sans concours notamment si on a une expertise spécifique liée aux nouveaux métiers : transformation numérique, innovation, etc. Mais si vous vous voyez davantage comme un « généraliste de l’action publique » et que vous avez envie de découvrir une palette de postes variés au service de l’intérêt général,  alors oui il vaut mieux passer les concours car ils vous ouvriront davantage de portes. 

Quels conseils donneriez-vous avant de passer un concours ?

De faire un stage ou d’avoir une première expérience professionnelle dans le secteur public. D’abord pour vous assurer que ça vous plaît. Ensuite, pour justifier de votre motivation lors des oraux. En passant les concours, il faut aussi être ouvert et prêt en tant que futur manager public à travailler aussi bien pour la politique sociale, culturelle, le développement économique ou bien à des fonctions de gestion publique (RH, finances…). Enfin, je les inciterais à contacter des anciens élèves de ces écoles qui ont passé le concours récemment et qui pourront leur donner des conseils sur les toutes nouvelles épreuves par exemple.

Vous êtes actuellement en « disponibilité de la fonction publique » pour développer votre entreprise, comment vous y êtes vous prise ?

J’ai d’abord été sélectionnée par l’incubateur Willa qui est dédié à l’accompagnement des projets tech portés par des femmes. Pendant six mois, au sein d’une promotion d’une vingtaine de femmes, j’ai suivi des cours d’entrepreneuriat, de comptabilité, de digital, etc. C’était aussi une bonne façon de tester le projet de tester le projet avant de me lancer et d’intégrer le Liberté Living lab, un incubateur pionnier de l’innovation technologique et économique à impact. Aujourd’hui Profil Public poursuit son développement dans le cadre d’un programme d’accélération de startups du Groupe La Poste. La disponibilité « pour création d’entreprise » permet de faire un pas-de-côté et de contribuer à la transformation de l’action publique autrement. 

Comment avez-vous eu l’idée de Profil Public et en quoi consiste-t-il ?

Alors que je travaillais à la Direction générale de Pôle emploi comme directrice adjointe des services aux demandeurs d’emploi, je me suis alors rendu compte que si le secteur public était en pleine transformation, les plateformes de recrutement n’avaient pas évolué. Alors qu’elles devraient être la vitrine du service public, elles ne donnaient pas envie de postuler et présentaient souvent des offres très longues. J’ai eu envie de changer les choses et fin 2018, j’ai lancé la plateforme d’emploi Profil Public pour renouveler l’approche du recrutement. C’est une plateforme hybride à mi-chemin entre un site média avec des interviews et des portraits pour redorer l’image du secteur public , et un site d’emploi avec des présentations d’institutions et des offres éditorialisées. 

Est-ce que ça a fonctionné tout de suite ?

Lors d’une création d’entreprise, il faut savoir avant de se lancer que la première année est souvent compliquée car l’argent généré est souvent réinvesti en faveur du développement de l’entreprise. Mieux vaut avoir anticipé cela (épargne, rupture conventionnelle pour création d’entreprise si on est dans le privé, missions freelance en parallèle…) 

Profil Public a eu deux ans en octobre dernier et compte désormais plus d’une vingtaines d’institutions qui ont recours à nos services pour diffuser leurs offres et développer leur marque employeur : collectivités territoriales, universités, ministères, cabinets de conseil « secteur public » etc. 

Comment travailler efficacement dès le début ?

Au début, il s’agit de faire des choix et se concentrer sur l’essentiel. C’est une période où il est surtout important de sécuriser la partie financière et d’y aller petit à petit. Etre entrepreneure, c’est un peu comme une perpétuelle recherche d’emploi puisqu’on est toujours à la recherche de nouveaux clients, partenaires… Il faut accepter cette prise de risque, aimer la communication et le développement.

La crise sanitaire a-t-elle eu un impact sur votre activité ?

Pendant le premier confinement, oui nous avons ressenti une baisse d’activité sur le volume d’offres d’emploi. En effet, la gestion de crise a beaucoup impacté les directions des ressources humaines et nombre d’entre elles ont mis en stand-by leur recrutement pendant la période. Depuis septembre, après une phase d’adaptation (mise en place du télétravail, recrutements en visio…), ça a bien repris ! Pendant la crise, l’intérêt général a su fédérer autour de lui des talents de tous horizons. Ils sont de plus en plus nombreux à vouloir se reconvertir dans le secteur public et leur potentiel d’engagement est énorme. Plus que jamais nous avons l’intuition que le secteur public peut tirer son épingle du jeu. 

Réécrit par l’intéressée 

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