Portrait du réseau #16 – Mathilde Thoraval

« Il faut s’entourer des bonnes personnes, de femmes qui ont des carrières similaires, c’est grâce à ces femmes qu’on parvient à dépasser l’autocensure. »

Mathilde Thoraval est diplômée de Sciences Po Toulouse en 2019. Elle a ensuite intégré une classe préparatoire pour intégrer l’ENA. En parallèle des concours, elle a lancé la newsletter Carrière de Sciences-Po au Féminin. La première est sortie en septembre. 

Comment s’est construit ton projet professionnel ? 

J’ai voulu être journaliste pour rapporter l’actualité et voyager, ensuite j’ai voulu être diplomate pour être actrice de cette actualité et de ces changements. J’ai fait des stages dans les relations internationales, et puis j’ai découvert d’autres métiers, d’autres carrières possibles. Je m’intéresse au régalien, à l’intérieur, la sécurité, la défense. 

La newsletter carrière, c’est un moyen de faire découvrir aux femmes de nouvelles opportunités ?

Le but de l’association est de créer un réseau professionnel. On voulait mettre en avant des offres d’emploi et les proposer aux adhérentes. La newsletter rassemble toutes les opportunités professionnelles qu’on trouve ou qu’on nous envoie. On relaie les événements de l’association en lien avec la sphère professionnelle. Il y a aussi de la sensibilisation aux inégalités dans le monde du travail par exemple, ou le fait que les femmes soient peu présentes dans les sphères de pouvoir. On essaie de varier les offres, pour les étudiantes, pour les femmes qui ont déjà de l’expérience etc. La première newsletter a été ouverte par beaucoup d’adhérentes, et on a eu de l’engagement sur les réseaux.

Pourquoi t’être engagée auprès de SPAF ? 

J’ai rejoint SPAF l’an dernier car j’avais envie de m’engager dans une association féministe. Ça me permet aussi de rencontrer de nouvelles personnes et de sortir la tête des concours de temps en temps. Je me suis sensibilisée au féminisme en observant ce qu’il se passait autour de moi. Il y a peu de femmes dans les concours de la fonction publique par exemple. J’ai aussi constaté le harcèlement de rue. On comprend que ça n’est pas normal, on s’en rend compte en en discutant entre nous. 

As-tu vécu ou assisté à du harcèlement dans ton IEP ?

Je n’ai pas vécu de harcèlement ou de sexisme mais j’ai pu entendre des remarques sexistes. Ça restait exceptionnel. On peut quand même se poser la question de comment sont traitées les associations de pom-pom girls ou s’interroger sur le Crit et ses chants sexistes. Il y a une culture sexiste. Quand je suis entrée à Sciences Po, il n’y avait pas d’associations féministes, on en parlait moins et je m’y intéressais moins. Il y a une sensibilisation qui s’est faite.

Est-ce que SPAF t’a permis de rencontrer des femmes de l’ENA ou d’écoles que tu vises ? 

Il y a eu plusieurs événements avec des femmes qui travaillent dans les administrations. Rencontrer des femmes qui travaillent dans la vie publique était aussi intéressant pour discuter de la façon de concilier la vie professionnelle et vie personnelle. J’ai également pu discuter avec une étudiante de l’ENA qui est membre de l’association ENA 50/50, qui regroupe des élèves et anciens élèves de l’école engagés en faveur de l’égalité femmes-hommes. En 2019, seulement 36 % des admis étaient des femmes.

Un conseil pour les femmes qui hésitent à se lancer dans les carrières comme celles que tu vises ?

Ça reste difficile de se sentir légitime. On voit que les hommes ont confiance en eux. Pour moi c’est un défi. Il faut croire en soi, s’entourer des bonnes personnes, de femmes qui ont des carrières similaires, c’est grâce à ces femmes qu’on arrive à dépasser l’autocensure. Ça aide de voir des femmes avec qui on a des projets communs, de voir des professeures qui sont des femmes et de recevoir leurs encouragements. 

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