Portrait du réseau #13 – Edith Schnapper

« J’ai réalisé que je ne connaissais aucune femme qui avait fait les mêmes études que moi. Qui a fait Sciences Po autour de moi ? »

Edith Schnapper est diplômée de Sciences Po Aix en 2012. Elle vit en Suisse depuis 2013 où elle a commencé chez Business France avant de travailler pour l’Académie suisse des sciences techniques sur un programme visant à intéresser les jeunes et surtout les jeunes filles à cet univers. Elle a fondé le pôle local suisse de SPAF.

Qu’est ce qui t’a donné envie de lancer le pôle local suisse ?

La Suisse semble être à la pointe de l’innovation, de la recherche, mais c’est aussi un pays traditionnel et conservateur. Quand je suis tombée enceinte, j’ai dû me justifier de ne pas rester trois ans à la maison à m’occuper de mon petit. Comment tu vas faire ? Tu vas réduire ton temps de travail ? J’ai eu un choc. Je me suis dit que d’autres femmes devaient vivre la même chose, gérer sa carrière et sa famille. Par ailleurs, j’ai réalisé que je ne connaissais aucune femme qui avait fait les mêmes études que moi. Qui a fait Sciences Po autour de moi ? On ne sait pas se mettre en réseau, aller chercher les bonnes personnes, on reste isolées. Quand l’association a été lancée, je suis directement entrée en contact avec elles.

En quoi consiste-t-il ?

Avec Miriam Dippe, on a fait un gros travail de sourcing sur LinkedIn, on a trouvé des profils, appelé les autres pôles internationaux de l’asso pour avoir une idée des enjeux, des bonnes pratiques. Aujourd’hui, on est une cinquantaine sur le groupe LinkedIn, on couvre tout le pays mais pourquoi pas décliner le pôle par ville. Sur le groupe, on partage des appels à événements, on publie des études, on échange des conseils sur ce qu’il faut dire ou ne pas dire en entretien en Suisse ou sur comment s’adapter au marché du travail par exemple. On a aussi organisé un webinaire pour l’association avec Amandine Panhard sur l’utilisation de LinkedIn en juillet dernier.

Dans ton travail, tu luttes aussi contre les inégalités de genre, peux-tu m’en dire plus ?

À l’Académie suisse des sciences techniques, on organise des TecDays dans les lycées pour faire découvrir cet univers, le décloisonner. C’est par ailleurs un milieu très masculin donc on travaille à déconstruire ces stéréotypes de genres qui ont un impact sur l’orientation professionnelle. Nous avons lancé un programme de mentorat pour les filles de 13 à 16 ans, des filles qui ont peur ou ne se sentent pas assez bonnes pour poursuivre des études, qui ne sont parfois pas soutenues chez elles. A l’issue de cette première année, certaines ont trouvé ce qu’elles voulaient faire. L’idée c’est de fédérer ces femmes et jeunes filles pour en faire un réseau et continuer de les accompagner dans les années à venir.

As-tu des conseils pour gérer de front la vie professionnelle et le bénévolat ?

Je vois deux choses, il faut partager des valeurs avec les personnes avec lesquelles tu travailles, bien t’entendre avec elles, avoir envie d’être dans l’échange, être contente de les voir. Ensuite, il faut partager la manière de travailler, le rythme, la façon dont on met en place des choses. Personnellement, SPAF m’apporte énormément et me donne envie de réaliser de grandes choses.

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