Portrait du réseau #31 – Marie Sénéchal

« J’ai échangé avec des femmes aux parcours et aux envies différentes, des auto-entrepreneuses, des fonctionnaires, des étudiantes, des salariées d’entreprise ou d’association… Après chaque coup de téléphone, je me sens toujours reboostée. »

Je suis Marie Sénéchal, c’est moi qui écris les portraits de diplômées et d’étudiantes d’IEP depuis maintenant un an et demi. Pour la rentrée de SPAF, je me présente : je suis diplômée de Sciences Po Bordeaux en 2019 et de l’ESJ Lille (école supérieure de journalisme) en 2020. Journaliste web et presse écrite, je suis passée par de la presse locale, de la presse spécialisée et je rejoins ce mois-ci la rédaction de L’éléphant, une revue de culture générale.

Mon parcours ? 

Contrairement à beaucoup de femmes que j’ai interrogées ces derniers mois, je suis entrée à Sciences-Po en sachant précisément ce que je voulais faire : du journalisme. C’était mon projet depuis le collège, tous mes choix d’études ont été réfléchis pour atteindre cet objectif. Je suis passée par deux ans de classe prépa BL, « lettres et sciences sociales », qui sont d’ailleurs mes années d’études supérieures les plus stimulantes intellectuellement. J’ai intégré l’IEP de Bordeaux en 3A, choisi le master journalisme en 4A et intégré l’ESJ Lille l’année d’après. A Bordeaux, le master journalisme est une préparation aux écoles de journalisme. Si on a un concours dès la 4A, on fait la 5A à distance, pendant le M1 de l’école en question.

Quel journalisme ?

Sans surprise, étant dans une association comme SPAF, j’ai une appétence pour les sujets en lien avec les féminismes, mais aussi les questions LGBTQ+, l’environnement et les animaux. Je suis passée par un titre de presse spécialisé chevaux et équitation pendant mon année d’apprentissage, j’ai ensuite fait de la reprise d’articles pour différents médias généralistes pendant quelques mois avant de faire de la presse locale. J’adore ça parce qu’on y traite aussi bien de l’info « pratico-pratique », que des portraits, des enquêtes, des événements politiques et culturels… Ça permet de toucher à tout ! C’est d’ailleurs pour répondre à cette envie de faire de tout (coucou Sciences Po !) que j’ai postulé chez L’éléphant, une revue de culture générale. C’est la prochaine étape de mon parcours professionnel puisque je rejoins la rédaction dans quelques jours. 

Pourquoi SPAF ?

Mon engagement au sein de l’association part d’une demande d’une adhérente qui avait besoin de quelqu’un pour présenter SPAF à Sciences Po Lille. J’étais alors à l’ESJ, et comme il y a un double diplôme avec l’IEP, j’y étais une journée par semaine. J’ai présenté SPAF un vendredi avec deux camarades, et je ne l’ai plus quittée. J’ai été chargée des portraits quelques mois plus tard, en février 2020. Il y en a aujourd’hui 30 sur le site de l’association.

Ce que je retiens de cette année d’échanges avec les femmes de l’association ?

J’ai échangé avec des femmes aux parcours et aux envies différentes, des auto-entrepreneuses, des fonctionnaires, des étudiantes, des salariées d’entreprise ou d’association… Après chaque coup de téléphone, je me sens toujours reboostée. Elles ont la niaque et du cran, elles osent, font face au sexisme en entreprise. Elles sont très inspirantes, et c’est d’ailleurs là tout l’objectif de ces portraits. Beaucoup m’ont fait part de leur syndrome de l’imposture, passé ou actuel. Il y a aussi un côté très rassurant, pour moi qui suis sortie d’école il y a un an et je l’espère pour les étudiantes et jeunes diplômées, car cela confirme qu’on parle bien d’un phénomène systémique. Et surtout, qu’il finit par s’atténuer, si ce n’est disparaître, avec l’expérience, et peut-être à force d’échanger entre femmes sur ces questions. 

Un conseil pour les aspirantes journalistes ?

Pour passer les concours, travaillez en groupe. Je ne sais pas si j’aurais réussi sans mon équipe de révision de choc de l’IEP de Bordeaux. Si vous passez par une école, servez-vous en pour amasser un maximum de numéros de téléphone, journalistes comme interlocuteurs.trices pour les sujets à réaliser pendant le cursus. Profitez-en pour travailler sur les thèmes qui vous portent, ils viendront fournir votre portfolio dès la sortie d’école. Si vous en avez la possibilité, essayez de proposer une pige ou deux, de revendre un article fait dans le cadre d’un exercice. C’est très valorisant ! Attention à vous faire payer en salaire uniquement, c’est la seule rémunération légale pour les journalistes. Une fois sur le marché du travail, il y a plein de groupes d’offres d’emploi, ça aide beaucoup. Et envoyez vos CV, même s’ils restent d’abord sans réponse, ils peuvent donner lieu à un coup de téléphone des mois plus tard, quand un poste se libère ou est ouvert. Ne pas se décourager et avoir confiance en soi et son travail. C’est un milieu tendu et précaire, il ne faut pas baisser les bras tout de suite. Et bien sûr, je suis à l’écoute si vous avez des interrogations. 

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