Reconversion comme assistante sociale : le DEASS en trois ans et quatre voies pour changer de métier
Une reconversion comme assistante sociale repose sur deux constats simples : l’exercice du métier est réglementé et le quotidien ne se limite pas à l’écoute. Pour exercer comme assistant de service social, il faut obtenir le diplôme d’État d’assistant de service social (DEASS). Ce parcours de trois ans peut toutefois s’adapter à une reprise d’études, à l’alternance, à la formation continue ou, dans certaines situations, à la validation des acquis de l’expérience.
Le métier : accompagner sans faire à la place
L’appellation officielle est assistant de service social, même si « assistante sociale » reste très utilisée. Sa mission consiste à aider des personnes confrontées à des difficultés financières, familiales, administratives, de logement, de santé ou d’insertion à retrouver leurs droits et leur autonomie. Il reçoit les personnes, analyse leur situation, les informe sur les aides possibles et les oriente vers les interlocuteurs compétents.
Diplôme d’État d’assistant de service social : fiche et référentiel, Consultez la fiche officielle du DE d’assistant de service social, ses objectifs et son référentiel de certification.
Dans la pratique, l’accompagnement peut concerner une demande de RSA, d’APL ou d’allocations familiales, une expulsion locative, un surendettement, une situation de violence conjugale, un décrochage scolaire ou une perte d’autonomie. L’assistant social instruit des dossiers, rédige des écrits professionnels et travaille avec de nombreux partenaires. Le secret professionnel et la déontologie encadrent cette relation d’aide.
Des employeurs et des publics très variés
Les départements, les mairies, les hôpitaux, les établissements scolaires, les CAF, les caisses de retraite, les associations, les prisons ou encore les entreprises peuvent recruter. La polyvalence de secteur consiste à accompagner différents publics sur un territoire donné. À l’inverse, un poste spécialisé se concentre sur un domaine précis, comme la protection de l’enfance, le handicap, le logement, la santé mentale ou le milieu hospitalier.
Une utilité sociale, mais une charge à mesurer
Ce métier peut donner du sens à une reconversion, mais il confronte aussi à des urgences, à la précarité et parfois à un sentiment d’impuissance. L’empathie ne suffit pas. Il faut garder une juste distance, suivre une charge de dossiers importante et savoir demander l’appui de l’équipe. Rencontrer plusieurs professionnels ou observer le travail sur le terrain, lorsque c’est possible, permet de vérifier le projet au-delà d’une image idéalisée du travail social.
Les compétences à transférer avant de reprendre des études
Une expérience éloignée du social n’exclut pas le projet. Les anciens métiers de l’accueil, de l’administration, des ressources humaines, de la santé, de l’enseignement ou de la gestion de projet apportent souvent des compétences utiles : conduite d’entretien, analyse d’une demande, rédaction, coordination et gestion de situations sensibles.
- Écouter et reformuler sans juger ni promettre une solution immédiate ;
- Analyser une situation globale pour repérer les priorités, les droits ouverts et les risques ;
- Organiser son activité entre rendez-vous, démarches, échéances et comptes rendus ;
- Travailler en réseau avec les institutions, les soignants, les associations et les services publics ;
- Prendre du recul face aux récits difficiles et aux tensions relationnelles.
Le travail social repose sur un accompagnement partagé. L’assistant social ne porte pas seul le poids d’une situation : il répartit l’action entre la personne accompagnée, ses proches lorsqu’ils peuvent être mobilisés, les dispositifs d’accès aux droits et les partenaires de terrain. Cette approche évite deux écueils fréquents chez les candidats en reconversion : vouloir « sauver » la personne ou réduire l’accompagnement à une suite de formulaires.
DEASS : quatre voies d’accès à comparer selon votre situation
Le DEASS est le diplôme requis pour exercer. Il est présenté comme un diplôme de niveau 6, soit bac+3. La formation se déroule sur trois ans après le baccalauréat ou un niveau équivalent. Elle associe enseignements théoriques et expériences de terrain, avec 1 740 heures théoriques et 1 820 heures pratiques réparties sur quatre stages.
| Voie | Pour quel profil ? | Principe | Point de vigilance |
|---|---|---|---|
| Formation en école | Candidat titulaire du bac ou équivalent | Préparation du DEASS en trois ans, notamment en IRTS | Admission et organisation des études propres à chaque établissement |
| Formation continue | Adulte en reconversion | Parcours adapté à la reprise d’études et à l’expérience professionnelle | Compatibilité réelle avec l’emploi et les contraintes familiales |
| Alternance | Candidat ayant trouvé un employeur | Formation articulée avec une activité en structure | Recherche d’un contrat à anticiper |
| VAE | Professionnel ayant une expérience pertinente dans le social | Validation des acquis de l’expérience devant un jury | Elle ne convient pas à une expérience sans lien avec les compétences visées |
Formation, BUT et VAE : ne pas confondre les parcours
Un BUT Carrières sociales peut orienter vers le secteur, notamment avec une option ou une spécialisation liée à l’assistance sociale. Le DEASS reste toutefois la référence pour exercer le métier. La VAE n’est pas un raccourci pour une personne novice dans le champ social : elle sert à faire reconnaître des compétences déjà exercées. Un accompagnement VAE peut aider à analyser l’expérience, à constituer le dossier et à préparer l’entretien avec le jury.
Financer la transition sans supposer le maintien du salaire
Le financement dépend d’abord de votre statut : salarié du privé, demandeur d’emploi, agent public ou personne en démission. Le CPF peut participer au financement d’un projet éligible. Le projet de transition professionnelle (PTP) mérite d’être étudié par les salariés qui souhaitent se former dans le cadre d’une reconversion. Les demandeurs d’emploi peuvent se renseigner auprès de France Travail, notamment sur l’aide individuelle à la formation (AIF). Les agents publics peuvent examiner les conditions du congé de formation professionnelle (CFP).
La démission avec le dispositif Démission Reconversion peut aussi être envisagée sous conditions. Dans tous les cas, le maintien de la rémunération n’est jamais automatique. Il dépend du dispositif mobilisé, de l’accord de l’employeur, de la durée de formation et de la situation personnelle. Avant de déposer une candidature, établissez un budget qui intègre les frais de formation éventuels, les déplacements vers les stages, la baisse possible de revenus et les dépenses familiales.
Le bon ordre des démarches
- Faire un bilan de compétences ou solliciter un conseil en évolution professionnelle pour clarifier le projet.
- Rencontrer des assistants de service social exerçant dans plusieurs environnements.
- Repérer les établissements, les calendriers d’admission et les modalités d’alternance.
- Vérifier les financements avant l’inscription définitive et constituer les dossiers demandés.
- Préparer la transition professionnelle : disponibilité, budget, stages et recherche d’employeur.
Salaire, débouchés et évolutions après le diplôme
La rémunération varie selon le statut, l’employeur et l’ancienneté. Les comparaisons doivent donc distinguer le brut du net. Dans le secteur public, une fourchette de 1 543 euros à 2 469 euros net mensuels est indiquée. Dans le privé, un début de carrière est estimé entre 1 560 et 1 750 euros net par mois. D’autres repères évoquent 1 800 à 1 900 euros brut mensuels au démarrage, puis 2 500 euros brut après plusieurs années. Ces montants ne couvrent pas les mêmes situations : demandez toujours le statut et la base de calcul lors d’un entretien.
Les débouchés existent dans le public, le médico-social, l’associatif et certaines entreprises. Dans la fonction publique, le recrutement peut passer par un concours externe ou interne, selon les modalités du poste. Avec l’expérience, l’assistant de service social peut se spécialiser, devenir conseiller socio-éducatif ou évoluer vers la coordination et l’encadrement. Les diplômes comme le CAFERUIS, le CAFDES ou le DEIS ouvrent des perspectives en management et en ingénierie sociale.
Enfin, l’assistant de service social ne se confond pas avec le conseiller en économie sociale et familiale. Le premier intervient surtout sur l’accès aux droits et l’accompagnement global des personnes. Le second se concentre davantage sur la vie quotidienne, le budget, le logement et la consommation. Les deux métiers coopèrent fréquemment, mais leurs diplômes et leurs approches ne sont pas interchangeables.
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