Trajectoires Carrières au féminin
Recrutement & marque employeur

Journée de la femme digitale : le 17 avril, les chiffres à connaître et les actions utiles

Élise Bourdarel-Landais 8 min de lecture

La journée de la femme digitale valorise les femmes qui créent, entreprennent, codent, dirigent, enseignent ou innovent grâce au numérique. Associée au 17 avril, elle s’inscrit dans un mouvement porté par JFD pour rendre les talents féminins de la tech plus visibles et encourager davantage de femmes à rejoindre les filières digitales.

Cette date répond à un enjeu concret : les femmes restent sous-représentées dans les métiers du numérique, alors même que ces métiers structurent l’emploi, l’innovation, l’information et la souveraineté économique.

Ce que désigne vraiment la journée de la femme digitale

La journée de la femme digitale, aussi appelée Journée mondiale de la femme digitale, est un temps de mobilisation consacré à la place des femmes dans le digital et la tech. Elle valorise les parcours de femmes entrepreneures, dirigeantes, ingénieures, créatrices, chercheuses, expertes produit, data ou cybersécurité, mais aussi les étudiantes et les jeunes professionnelles qui construisent leur avenir dans ces domaines.

Le terme « femme digitale » ne désigne pas un profil unique. Il englobe toutes les femmes qui utilisent le numérique comme levier d’impact, pour créer une entreprise, transformer une organisation, développer un service, apprendre un métier, produire du contenu ou porter une innovation sociale. Cette diversité donne sa portée à l’événement.

Le rôle de JFD et de son écosystème

JFD, pour Join Forces & Dare, est le mouvement qui porte cette mobilisation. Il a été fondé en 2013, avec Delphine Remy-Boutang et Catherine Barba Chiaramonti parmi les figures fondatrices associées à son lancement. L’organisation ne se résume pas à une journée de célébration : elle développe un écosystème qui mêle événements, accompagnement, baromètres, études, réseau international et accélération de croissance.

Sur son site officiel joinjfd.com, JFD présente notamment 3 piliers stratégiques et 5 forces vitales, avec une présence affichée sur l’axe Europe, Afrique, Canada. Cette dimension internationale aide à inscrire le sujet dans une dynamique de réseau, de visibilité et d’action.

17 avril, origine et repères historiques à retenir

La date associée à la Journée mondiale de la femme digitale est le 17 avril. Elle sert de point de ralliement pour parler d’égalité des genres dans la tech, partager des initiatives, organiser des rencontres et rappeler que l’accès aux métiers numériques ne doit pas dépendre de stéréotypes sociaux ou scolaires.

L’histoire de la JFD commence toutefois avant cette date de référence. La 1re édition a eu lieu le 8 mars 2013 et a réuni 380 personnes autour de 18 intervenants. La 2e édition s’est tenue le 7 mars 2014, avec 27 intervenants. Une 3e édition est mentionnée le 13 mars 2015. Ces jalons montrent que le mouvement s’est construit dans la durée avant de devenir un rendez-vous identifié autour de la femme digitale.

Une mobilisation qui dépasse la France

La JFD est née en France, mais son histoire dépasse le cadre national. Des pays comme le Sénégal et le Gabon sont mentionnés dans son historique, et l’écosystème revendique des connexions plus larges entre l’Europe, l’Afrique et le Canada. Cette ouverture compte : les enjeux d’orientation, de financement, de visibilité et d’accès aux réseaux ne se posent pas partout de la même manière, mais ils se rejoignent d’un territoire à l’autre.

La journée fonctionne ainsi comme un signal commun. Elle permet à une école, une entreprise, une association, une collectivité ou une entrepreneure de prendre la parole au même moment, avec un vocabulaire partagé : inclusion, mentorat, rôle modèle, filières numériques, entrepreneuriat, intrapreneuriat, leadership et impact.

Les chiffres qui montrent l’écart à combler

Si la journée de la femme digitale existe, ce n’est pas seulement pour célébrer des réussites individuelles. Elle sert aussi à rendre visibles des déséquilibres persistants. Selon l’Insee 2023, cité sur la page gouvernementale dédiée, les femmes représentent 24 % des effectifs dans les métiers du numérique en France. Autrement dit, moins d’un quart des professionnels du secteur sont des femmes.

La formation montre un écart comparable. Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche indique, en 2025, que les femmes représentent 25 % des effectifs en master informatique. Ce chiffre compte, car les viviers de diplômées conditionnent en partie la présence future des femmes dans les équipes techniques, la recherche, les postes de management et la création de startups.

Indicateur Chiffre Ce qu’il révèle
Femmes dans les métiers du numérique en France 24 % selon l’Insee 2023 Une sous-représentation forte dans l’emploi tech
Femmes en master informatique 25 % selon le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche 2025 Un enjeu d’orientation et d’attractivité des filières
Créatrices de contenus sur YouTube 8 % selon le ministère chargé de l’Égalité 2024 Une visibilité numérique encore très déséquilibrée

Le chiffre de 8 % de créatrices de contenus sur YouTube élargit le sujet. La place des femmes dans le numérique ne concerne pas uniquement les développeuses ou les ingénieures. Elle touche aussi la production de récits, la pédagogie en ligne, l’influence, la vulgarisation scientifique, la création audiovisuelle et la capacité à occuper l’espace public digital.

Pourquoi la visibilité des femmes de la tech change les trajectoires

Les stéréotypes de genre agissent souvent tôt : choix d’options au lycée, autocensure face aux mathématiques ou au code, représentation des métiers comme « trop techniques », manque de modèles féminins dans les conférences, les médias ou les équipes dirigeantes. La journée de la femme digitale a donc une fonction simple : montrer que les métiers numériques ne sont pas réservés à un seul type de parcours.

Un rôle modèle ne sert pas seulement à inspirer. Il rend une trajectoire pensable. Voir une fondatrice lever des fonds, une experte cybersécurité prendre la parole, une ingénieure encadrer une équipe ou une créatrice expliquer l’intelligence artificielle peut modifier la perception d’une jeune femme sur sa propre légitimité.

La visibilité change aussi la façon dont ces compétences sont perçues. Dans le numérique, beaucoup de savoir-faire féminins existent déjà, parfois dans l’ombre des intitulés de poste, des réseaux informels ou des prises de parole accaparées. Les rendre visibles, c’est permettre aux recruteurs, aux écoles, aux investisseurs et aux jeunes générations de reconnaître ce qui était là, mais moins exposé.

Féminiser le digital, ce n’est pas seulement corriger un écart

Augmenter la présence des femmes dans les métiers numériques améliore aussi la qualité des produits, des services et des décisions. Les technologies façonnent les usages quotidiens : santé, banque, éducation, mobilité, information, sécurité, administration. Lorsque les équipes qui les conçoivent sont plus diverses, elles questionnent mieux les angles morts, les biais d’usage et les besoins réels des publics.

La féminisation du numérique rejoint donc des enjeux économiques et démocratiques. Elle concerne l’emploi, la souveraineté, l’innovation responsable, l’accès aux opportunités et la capacité de chacun à se reconnaître dans les technologies qui organisent la société.

Participer à la journée de la femme digitale : actions simples et ressources utiles

Participer à la journée de la femme digitale ne demande pas forcément d’organiser un grand événement. L’action peut être individuelle, collective, institutionnelle ou professionnelle. L’essentiel est de contribuer à la visibilité des femmes dans le numérique et de relayer des initiatives utiles.

  • Partager un message sur les réseaux sociaux, en mettant en avant une femme de la tech, un parcours, une ressource ou une initiative.
  • Mentionner JFD, notamment via les comptes officiels comme @joinjfd lorsque le format de la plateforme s’y prête.
  • Télécharger le kit de participation JFD depuis la page officielle de l’événement : Journée mondiale de la femme digitale.
  • Organiser une conférence, un atelier ou un webinar dans une école, une entreprise, un incubateur ou une association.
  • Créer un temps de mentorat pour aider des étudiantes ou jeunes professionnelles à mieux comprendre les métiers du numérique.
  • Valoriser des rôles modèles internes dans une entreprise : développeuses, cheffes de produit, data analysts, responsables innovation, dirigeantes ou intrapreneures.

Les dispositifs d’accompagnement à connaître

Parmi les dispositifs structurants, le programme Tech pour toutes vise à accompagner 10 000 jeunes femmes de 15 à 25 ans à l’horizon 2027. Lancée en 2023, la plateforme propose un accompagnement gratuit et personnalisé, avec des leviers comme le coaching, le mentorat, l’aide à l’orientation, l’appui à la recherche de stage ou de premier emploi, ainsi qu’une aide financière et matérielle.

Les Assises nationales de la féminisation des métiers et des filières du numérique, les actions de Femmes@Numérique, les conférences, ateliers, baromètres et études exclusives complètent ce dispositif. Pour une entreprise, s’associer à la journée peut donc aller bien au-delà d’un post LinkedIn : cela peut devenir un point de départ pour auditer ses recrutements, soutenir des réseaux internes, financer du mentorat ou ouvrir ses métiers à des publics qui ne s’y projettent pas encore.

La journée de la femme digitale est utile lorsqu’elle ne reste pas symbolique. Sa valeur tient à ce qu’elle déclenche ensuite : une inscription à un programme, une rencontre avec une mentor, une prise de parole, un changement de politique RH, une découverte de métier ou une vocation qui devient enfin crédible.

Élise Bourdarel-Landais
Les derniers articles par Élise Bourdarel-Landais (tout voir)

Partager cet article

Retour en haut