Portrait du réseau #23 – Julia Heres Garcia

« ¡Basta ya! est une source d’inspiration. Nous avons des combats partagés dans le monde et il existe une sororité à l’international. »

Julia Heres Garcia est diplômée de Sciences Po Lille en 2018. Après être passée chez Oxfam, elle a intégré le groupe Egae où elle est responsable de mission « Expertes Genre ». En parallèle de sa carrière professionnelle, elle a lancé avec une amie ¡Basta ya!, un projet militant sur la lutte collective pour le droit à l’avortement en Amérique latine. Il s’agit notamment de podcasts. Le troisième épisode est sorti il y a deux semaines.

En quoi consiste ¡Basta ya! ?

Il s’agissait à la base de fournir de l’information à un public français sur le droit à l’avortement en Amérique latine, avec une amie nous devions aller sur place pour réaliser un documentaire. Le Covid a changé nos plans. On devait partir en juin, puis on a décalé en septembre avant de décider d’annuler. Nous avions déjà lancé un blog en décembre 2019 et nous travaillions sur le podcast depuis mai. On s’est donc concentré là-dessus. Nous avons prévu de faire six épisodes, bilingue, en français et en espagnol.

Quelles sont les étapes de la création d’un podcast ?

La première étape est d’identifier les personnes qu’on veut contacter, des militantes d’Amérique latine. Ensuite on fait les entretiens en ligne grâce au logiciel Zen Castr qui permet une bonne qualité de son. Il y a une option payante mais la gratuite est suffisante. La deuxième étape c’est la retranscription et la traduction, puisque nos interlocutrices parlent espagnol. Des amis nous aident sur cette partie. Nous identifions les points sur lesquels nous allons apporter un éclairage. Cet aspect est arrivé après le premier épisode, sur demande d’une auditrice. La troisième étape c’est le nettoyage de la bande-son, le montage et le doublage, qui prend beaucoup de temps. Enfin, il y a toute la communication.

Qui vous suit ?

Nous avons une communauté de 500 personnes sur les réseaux sociaux. Les épisodes sont autant écoutés en français qu’en espagnol. Mais aujourd’hui la frustration c’est que le projet n’a pas l’élan, la visibilité qu’il pourrait avoir. On ne peut pas développer autant qu’on le voudrait par manque de temps, ni valoriser ce qu’on a déjà fait. Après la publication des six épisodes, je me concentrerai sur cette partie-là.

Qu’est-ce que ça t’apporte de travailler sur ce projet ?

C’est une source d’inspiration. Nous avons des combats partagés dans le monde et il existe une sororité à l’international. J’ai appris plein de choses que je ne savais pas faire, du podcast notamment. Nous avions suivi une journée de formation avec Mélanie Hong, réalisatrice et productrice de podcasts. C’est aussi l’occasion de mettre en œuvre dans un cadre militant des compétences acquises dans le milieu professionnel comme la recherche de financements. J’ai aussi eu confirmation que j’avais envie de mener des projets entrepreneuriaux à titre personnel. C’est ce que je me vois faire pour la suite, même si ça ne sera pas forcément sur ce projet-là. Mais il m’a donné confiance, m’a prouvé que je suis capable d’en mener à bien.

Peux-tu m’en dire plus sur ton poste actuel ?

Je complète notre base d’expertes de 4 000 femmes – dont les profils sont disponibles gratuitement et à destination des journalistes notamment – sur les questions de genre, pour en faire un véritable sujet d’expertise. Le but est aussi d’internationaliser la base. Il y a aussi une partie création de contenus, des interviews pour valoriser les expertes, et des podcasts. Ça c’était mon idée ! (rire)

Je pourrais aussi être chargée de faire du media training.

Globalement, tu te vois travailler sur le genre et le féminisme ?

Je travaillerais sur les questions de genre et de féminisme d’une façon ou d’une autre, quoi que je fasse. Même si j’ouvrais un restaurant, il y aurait une dimension féministe !

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