Portrait du réseau #19 – Margaux Girard

« Si des jeunes voient une femme parler cyber elles se diront peut-être qu’elles peuvent suivre cette voie aussi. »

Margaux Girard est diplômée de Sciences Po Bordeaux en 2020. Elle s’intéresse aux questions relatives à la cybersécurité et a créé une association sur ce thème pendant son master. Elle travaille aujourd’hui comme consultante cybersécurité et lance un Cercle cyber pour les femmes de SPAF le 15 décembre prochain.


As-tu toujours voulu travailler dans la cybersécurité, et si non, comment y es-tu arrivée ?

Je voulais travailler dans l’art mais après un stage dans un musée en troisième année, je me suis rendu compte que ça n’allait pas avec ma personnalité. Cette année-là j’étais à Cardiff en Angleterre car j’étais en filière franco-britannique. Je me suis retrouvée dans un module sur la cyber et la technologie par le prisme des relations internationales ; la protection des données, les droits de l’homme en ligne notamment. J’ai trouvé l’aspect politique des technologies très intéressant.

Peux-tu me parler de l’association que tu as créée pendant ton master ?

J’ai créé le BIICS, Bordeaux Institute of International Cybersecurity Studies avec une amie de Cardiff. Quand on a commencé à s’intéresser à la question, échanger avec des personnes du milieu, aller à des conférences, on s’est rendu compte qu’il n’existait pas grand-chose alors on a décidé de se lancer ! On a organisé une conférence internationale de deux jours à Bordeaux avec des acteurs comme l’OTAN ou Google. On a choisi l’échelle internationale car la France travaille sur la cyber depuis moins longtemps et on voulait avoir une idée des bonnes pratiques, notamment de la part de pays plus avancés.

Quelles sont vos actions ?

On a décidé qu’on voulait faire de la sensibilisation chez les plus jeunes, on a organisé des master classes dans les collèges et lycées, et on voulait qu’il y ait systématiquement une femme avec l’idée que si des jeunes voient une femme parler cyber elles se diront peut-être qu’elles peuvent suivre cette voie aussi. Il y a deux clichés dans la cyber : qu’il n’y a que des nerds et que c’est quelque chose de masculin. On a pu constater qu’il y avait peu de femmes. On a aussi poussé pour avoir au moins un cours à Sciences Po Bordeaux sur la question.

Tu travailles chez Deloitte à Londres, qu’y fais-tu ?

Je suis consultante cybersécurité chez Deloitte. En ce moment, je conseille une organisation publique sur sa politique de cyber. Prochainement, j’aiderai les entreprises à appliquer les principes du RGPD. Elles doivent changer leurs politiques pour s’y adapter et les mettre en place. Par exemple, leur façon d’utiliser les données personnelles n’est pas toujours en adéquation avec les principes du texte. Deloitte les accompagne dans ces changements et les aide à voir la suite, faire en sorte qu’elles soient assez flexibles pour s’adapter aux nouvelles lois et aux évolutions du RGPD.

En quoi va consister le premier Cercle cyber le 15 décembre prochain ?

Je souhaite que ce sujet se démocratise et je veux créer un espace de discussion. Je ne sais pas encore quels sujets seront abordés mais ils seront liés à la politique. On va co-construire ça lors du premier cercle, choisir de quoi on veut parler. Le deuxième cercle sera probablement autour des carrières et de l’orientation pour permettre des échanges entre les diplômées qui travaillent dans le domaine de la cyber et des étudiantes qui ont des questions sur le sujet. Pour le rythme, ce sera une fois tous les mois et demi dans un premier temps mais ça peut s’adapter. Le but c’est que ce ne soit ni lourd ni contraignant.

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