Portrait du réseau #14 – Léa Desbourdes

«  J’ai pu rencontrer des femmes artistes extraordinaires et je découvre actuellement des entrepreneuses au talent fou, des femmes qui veulent changer le monde. C’est très enthousiasmant, il faut faire vivre et porter cela »

Crédit photo : Marie Thibault

Léa Desbourdes est diplômée de Sciences Po Toulouse depuis 2012 où elle a étudié la culture. Pour enrichir sa formation, elle se forme en communication à l’IEP de Lyon pour son master 2. Après plusieurs années à travailler successivement dans ces deux domaines, elle se lance dans l’auto entreprenariat et co-fonde fin 2017 Les Pandas Roux pour mettre en lumière des initiatives solidaires et écologiques.

Peux-tu me parler de tes expériences dans la culture et la communication ?

Ce sont des domaines absolument enrichissants, où l’on est à la croisée de plein d’univers (artistiques, administratifs, politiques, économiques) et de plein de personnalités différentes. L’envers du décor, c’est que l’on pratique des métiers « vocation ». On fait ce que l’on aime mais les salaires sont moins élevés et on ne compte pas nos heures. Bien souvent c’est le cas des femmes, tandis que les hommes sont aux directions.

Y a-t-il un moment de sororité qui t’a marquée au cours de ta carrière ?

Je n’ai pas une expérience de sororité qui m’aurait marquée mais des dizaines. J’ai évolué dans des secteurs extrêmement féminins et la sororité y est réelle. J’ai pu rencontrer des femmes artistes extraordinaires et je découvre actuellement des entrepreneuses au talent fou, des femmes qui veulent changer le monde. C’est très enthousiasmant, il faut faire vivre et porter cela. 

On entend souvent que c’est un milieu bouché, est-ce le cas et conseillerais-tu à des étudiantes de se lancer ?

Niveau débouchés, c’est compliqué. Le milieu de la culture en France, notamment à Paris, n’est pas bien grand et l’importance du réseau y est prédominante. Mais si c’est leur passion, bien sûr qu’il faut y aller. Les conseils que je donnerais seraient de ne rien lâcher, de ne pas hésiter, d’y aller au culot. Si c’est possible, je conseille aussi de partir à l’étranger, faire un VIA, ça peut ouvrir des portes et permettre d’acquérir de l’expérience professionnelle. Les secteurs de l’ESS et du développement durable sont plus intéressants à présent en termes de débouchés.

Tu as monté ton projet entrepreneurial, Les Pandas Roux, peux-tu m’en dire plus ?

J’ai lancé Les Pandas Roux fin 2017 avec un ami, Thibaut. Nous allons à la rencontre  des porteur.se.s de ses projets pour parler de leurs initiatives et nous publions chaque semaine une interview sur nos réseaux. Il y a aussi une partie « conseil en communication » pour laquelle j’ai créé l’entreprise. Nous proposons nos services aux entreprises des secteurs de l’économie sociale et solidaire, de l’écologie, de la solidarité, ce que l’on appelle aujourd’hui globalement « les entreprises à impact ».

Que savais-tu de la vie d’entrepreneuse quand tu t’es lancée ?

Et bien, je ne savais pas grand chose ! J’avoue que je me suis lancée là-dedans en me disant que ce serait facile. Et c’est en partie vrai, tant que l’on reste auto-entrepreneur.se, mais si on essaie d’avoir un autre type de structure, c’est plus difficile. C’est sans doute un aspect qui nous manque dans notre formation au sein des IEP, d’avoir un module sur les bases de la création d’entreprise, types de structures possibles, cotisations sociales et salariales à payer, démarches administratives etc. C’est bête mais après deux ans, je découvre encore des choses. Les infos sont sur Internet, bien sûr, mais il faut savoir exactement quoi chercher, et encore ! Peut-être que j’écrirai un guide là-dessus pour aider potentiellement d’autres qui voudraient se lancer !

Quels sont les défis à relever au quotidien ?

Je dirais qu’ils se situent dans les multiples casquettes que l’on doit porter en tant qu’entrepreneuse : une matinée dans de l’administratif puis un rendez-vous client puis on reprend une casquette de cheffe de projet pour ensuite interviewer un.e porteur.se de projet à impact dans le cadre de la partie média. En repassant par un peu de compta le lendemain matin. On se fait parfois quelques noeuds au cerveau. Le confinement a été une phase de frayeur car du jour au lendemain, les projets sont repoussés, annulés, tout s’arrête et c’est un autre rythme, une autre angoisse qui commence à s’installer.

As-tu des projets en cours ?

Nous sommes en train d’écrire un livre avec mon acolyte Thibaut, qui a eu l’idée pendant le confinement. Nous avons déjà rencontré tellement d’initiatives qui « faisaient » le monde d’après qu’il était temps, et nécessaire, de les mettre en lumière encore un peu plus. Le livre regroupera 80 initiatives écologiques, durables, solidaires. Nous finissons actuellement notre campagne de financement participatif, c’est assez sportif ! Si d’ailleurs, certaines femmes souhaitent contribuer, c’est par ici : https://fr.ulule.com/explorez-un-monde-plus-enviable/ 

C’est toi qui réalise la vidéo du premier anniversaire de SPAF, comment ça s’est fait ?

La vidéo vise à mettre en lumière les actions de SPAF pour sa première année mais, surtout, les perspectives pour les années futures. Et que ces années seront riches ! On y retrouve l’ambiance de l’AG, faite à distance pour les raisons particulières de cette année 2020, et les interviews des Cheffes de pôle qui reviennent sur cette première année haute en couleur et sur les prochaines actions à mener. C’était un gros boulot mais j’ai été ravie d’en apprendre plus sur l’association via ce biais.

*La vidéo sortira d’ailleurs prochainement !

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