Portrait de diplômée #5 – Arièle Bonte

Diplômée du master journalisme de Sciences Po Paris en 2016, elle participe au lancement de RTL Girls à sa sortie d’école. Aujourd’hui journaliste indépendante, elle travaille sur la newsletter des Glorieuses consacrée aux inégalités économiques liées aux discriminations de genre : #5Novembre16h47.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

RTL girls, Cheek magazine, Les Glorieuses, Madame Figaro, tu as beaucoup travaillé dans des médias féminins ou féministes, est-ce que c’était un choix de ta part ?

Mon « éveil féministe » a plus ou moins coïncidé avec le moment où il a fallu faire mes premiers choix professionnels importants. J’aurais pu continuer sur la lancée de mes premières amours journalistiques – la culture et la musique – mais j’ai finalement saisi ces opportunités (notamment Madame Figaro et RTL Girls) parce qu’elles me permettaient d’écrire sur des sujets qui résonnaient – et résonnent toujours – avec mes observations, convictions et mes envies personnelles de parler des femmes et des sujets qui leur sont rattachés.

Est-ce que tu as une volonté d’engagement féministe dans ton métier de journaliste ?

Engagement il y a puisque j’ai toujours essayé de donner la parole à des femmes ou des personnes qu’on n’entendait pas dans la presse autrement, de travailler sur des sujets laissés à la marge et de solliciter des expertes plutôt que l’expert qui a pignon sur rue. Mais ce travail ne devrait pas relever d’un quelconque engagement : il s’agit tout simplement de déontologie.

Pourquoi cet engagement à Prenons La Une (une association de femmes journalistes qui œuvrent pour une meilleure représentation des femmes dans les médias) ?

L’association défend ce que j’applique dans mon quotidien de jeune journaliste : une juste représentation des femmes dans les médias. Professionnellement, elle m’a donné des outils pour mieux traiter du sujet des violences sexistes et sexuelles par exemple, et humainement de briser une forme de solitude en créant des liens avec d’autres journalistes travaillant ou pas sur les mêmes sujets que les miens.

Tu rédiges la newsletter #5Novembre16h47 des Glorieuses, as-tu toi-même été confrontée à des difficultés économiques dans ta carrière ?

En tant que journaliste, et plus particulièrement en tant que pigiste, je fais effectivement face à des difficultés économiques mais j’apprends au fur et à mesure à faire avec. À privilégier par exemple les médias qui rémunèrent le plus, à adapter mes propositions de sujets aux tarifs moins élevés et à veiller à ce que mes droits soient toujours respectés. 

As-tu des conseils pour les jeunes ou futures journalistes ?

Ce n’est pas parce que vous faites un métier « de passion » que le droit du travail n’existe pas. Pour la négociation, Prenons La Une a édité un « Petit manuel de rébellion à l’usage des femmes journalistes » que vous pouvez demander par mail à prenonslaune@gmail.com. Pour les pigistes, n’hésitez pas à vous rapprocher de confrères et consœurs via des collectifs formels ou informels, à vous renseigner auprès d’autres journalistes pour connaître les grilles de tarifs des médias pour lesquels vous aimeriez piger (vous pouvez déjà vous faire une première idée via le site Paye Ta Pige) mais aussi les conditions de travail et les relations avec le management.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *