Portrait du réseau #9 – Anne-Claire Courchinoux

Anne-Claire Courchinoux est diplômée de Sciences Po Lille en 2018 où elle a effectué un master Carrières Européennes et Internationales, spécialité Conflits et Développement. Après être passée par l’ONG humanitaire Première Urgence Internationale, elle travaille chez Médecins du Monde.

Qu’est ce qui t’a menée vers l’humanitaire ?

J’ai toujours été intéressée par l’international, les questions de développement, de coopération entre Etats, de négociations internationales sur le climat. Je n’ai pas tout de suite pensé à l’humanitaire. En dernière année de master j’ai découvert cet univers et j’ai compris que si je voulais faire du plaidoyer, défendre les plus vulnérables, il fallait appréhender les réalités du terrain. J’ai fait mon stage de fin d’études dans l’ONG humanitaire Première Urgence Internationale (PUI) puis je suis partie au Soudan du Sud avec cette même ONG. J’étais en charge des dossiers de demandes de subventions auprès de bailleurs internationaux (Etats, ONU, Union Européenne).

Que fais-tu chez Médecins du Monde ?

J’ai été recrutée en septembre pour le poste de Chargée d’Appui au sein de l’Unité Europe-Asie de la Direction des Opérations Internationales. C’est un poste qui demande beaucoup de polyvalence et d’organisation, puisque je soutiens les 8 « missions » de l’Unité, les équipes sur le terrain, en Italie, Russie, Géorgie, Bulgarie, Myanmar, Bangladesh, Népal et Philippines. Je suis aussi en charge des dossiers transversaux. Je suis très inspirée par les valeurs fondamentales de Médecins du Monde : soigner et témoigner.

Est-ce que l’humanitaire est un monde masculin et quelle est la place des femmes ?

Le monde de l’humanitaire, en tout cas en France, a vu le jour après mai-68. Il peut arriver de croiser des vieux baroudeurs de l’humanitaire, qui expliquent que « c’était mieux avant. » Et avant, il y avait aussi moins de femmes. Sur le terrain, à l’étranger, de nombreux staffs sont des hommes : il m’est arrivé de devoir rappeler à des collègues qu’eux aussi devaient participer à la préparation du dîner et mettre le couvert, et ne pas attendre que les femmes de l’équipe le fassent à leur place ! D’autres s’étonnaient de mon indépendance. Il faut, à mon sens, redoubler d’efforts pour être perçue comme légitime… Ce n’est pas toujours évident à gérer. Malgré tout, il y a aujourd’hui beaucoup de femmes dans l’humanitaire. Peut-être pas encore assez à des postes de direction cependant. En quelques années, j’ai eu la chance de rencontrer des femmes incroyables, fortes et inspirantes – elles sont aujourd’hui de vraies mentors, que j’admire.

Quelles qualités possèdent les femmes issues d’IEP pour travailler dans l’humanitaire ?

Même si en tant qu’étudiantes de Sciences Po nous n’avons pas de spécialisation en médecine, en nutrition, en ingénierie, nous avons des qualités appréciées dans l’humanitaire : la polyvalence, l’efficacité, la curiosité, la capacité à appréhender de nouvelles choses rapidement. Le monde de l’humanitaire se professionnalise et se codifie. Il y a des codes, des pratiques, des techniques à apprendre. Il faut faire ses preuves et passer par des échelons pour évoluer.

Aurais-tu des conseils pour des femmes qui souhaitent se lancer ?

J’ai à cœur de rendre ce que Sciences Po m’a apporté, et cela veut dire, à mes yeux, aider autant que possible les étudiantes à façonner leurs parcours et trouver leur voie. Je leur dirais qu’il faut enchaîner les expériences et ainsi rencontrer du monde. Le bénévolat, les stages, en France ou à l’international, sont de réelles portes d’entrée. Il faut aussi être prête à se déplacer, à vivre des choses fortes, à sortir de sa zone de confort. Enfin, si le monde de l’humanitaire évolue, les besoins eux, sont malheureusement toujours-là : dans certaines parties du monde, c’est devenu encore plus flagrant avec la crise sanitaire du Coronavirus.

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