Portrait du réseau #8 – Sophia Benhaddou

Sophia Benhaddou est diplômée de Sciences Po Aix en 2012. Elle a fait son M2 au sein du Centre International de Formation Européenne (CIFE) de la Commission Européenne. Après être passée par la Banque Mondiale, un cabinet de conseil en digital et plusieurs entreprises de l’environnement, elle a créé deux start-up : Fenoos qui relie les acteurs du monde de la responsabilité sociale (entreprises et associations) et cartographie les projets, et Excelway, une solution de facilitation de réunions à distance et de gestion de projets.

Pourquoi t’être lancée dans l’entrepreunariat ?

J’adore avoir une vue à 360° sur un problème, défricher les solutions possibles et apprendre de nouvelles choses pour exécuter ces solutions. J’ai en fait créé ma première offre de services à 18 ans, lorsque je tournais des clips vidéos pour promouvoir des lieux insolites. Mes parents me disent que j’ai créé ma première entreprise à 10 ans lorsque, armée d’un business plan, j’ai ouvert un café sur mon balcon et y accueillais toute personne qui nous rendait visite !

Ça ressemble à quoi la vie d’entrepreneuse ?

Une liberté incroyable ! Personne ne nous dit quoi faire, on peut s’octroyer un weekend en plein milieu de la semaine. Mais cette liberté peut être déroutante. Il faut s’habituer au manque de cadre, de direction, savoir être consciente de la limite que l’on met ou pas entre sa vie professionnelle et sa vie personnelle. Depuis un an, je ne compte pas mes heures et il m’arrive parfois de sauter 5 weekends d’affilée. Mais c’est mon choix, et j’adore ce que je fais. J’ai d’autres amis entrepreneurs qui ne passent que 5 heures par jour sur leur projet, et cela marche très bien pour eux. En fait, la leçon c’est qu’il n’y a aucune règle et aucune recette magique. Il faut savoir s’écouter et se faire confiance.

Des conseils pour de futures entrepreneuses ?

Je leur conseillerais de suivre leur instinct et foncer, ne serait-ce que pour tester. Il faut bien sûr faire attention aux risques financiers que l’on prend et avoir un plan B, notamment pour les premiers temps où il est difficile de générer du revenu. Mais je suis certaine qu’en entreprenant, on trouve en soi une résilience jusque-là insoupçonnée. L’ambition et l’idée, même si elles sont très fortes et prometteuses, ne sont qu’accessoires. Ce qui compte c’est l’exécution et la capacité d’apprendre de ses erreurs rapidement. Quand on lance son entreprise, il y a de fortes chances que l’on ait beaucoup de choses à apprendre et que l’on doive être un couteau-suisse. Mais il faut accepter l’imperfection et exécuter au moins cinq fois plus que ce que l’on apprend.

Quelle est la place des femmes dans l’entrepreunariat ?

Personne ne m’a jamais dit « je ne te donnerai pas de chances car tu es une femme ». J’ai aussi pris l’habitude des regards condescendants qui semblent dire « tu es trop ambitieuse mais c’est chou ». J’en suis totalement indifférente. Dans le monde des startup tech, il y a très peu de femmes entrepreneuses. Et les entreprises dirigées par les femmes lèvent moins de fonds que celles dirigées par les hommes par exemple. Mais il y a une prise de conscience grandissante dans le secteur qui accroit les efforts « d’hospitalité » pour les femmes. Par exemple, dans les événements pour entrepreneurs tech, nous sommes peu de femmes et j’ai souvent un accueil chaleureux. Je sens que je suis plus écoutée que la moyenne des hommes, surement parce que ma présence dénote.

Qu’est ce que tu as envie d’apporter au réseau de SPAF ?

J’apporte aujourd’hui mes compétences en digital et j’aimerais sensibiliser aux opportunités du secteur des technologies. J’ai l’impression que beaucoup de femmes issues d’un IEP ne s’imaginent même pas qu’elles puissent profiter de ces opportunités car elles ne sont pas ingénieurs ou ne savent pas coder. Or c’est un secteur qui a justement besoin de profils issus des sciences humaines et sociales, et pas seulement des profils techniques et financiers. Et ce n’est pas une compétence impossible à acquérir. Il y a aujourd’hui plusieurs écoles de codes qui forment en quelques mois, dont des écoles dédiées aux femmes.

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