Portrait du réseau #32 – Blandine Clérin

Portrait du réseau #32 – Blandine Clérin

« J’ai à cœur de pouvoir mettre mon expérience et mes compétences au service d’une cause qui me semble essentiel pour pallier les dysfonctionnements structurels de notre société en ce qui concerne l’égalité des chances et l’égalité femmes-hommes. »

Blandine Clérin est diplômée de Sciences Po Paris en 2000. Cette communiquante est passée par de l’agence de publicité, de communication publique mais aussi de l’entrepreneuriat. Aujourd’hui, elle est directrice de la communication et du rayonnement de l’association Rêv’Elles qui accompagne des jeunes filles issues de milieu modeste dans leurs choix personnels et professionnels.

Saviez-vous dès Sciences Po que vous souhaitiez travailler dans la communication ?

Je n’ai su que relativement tard que j’allais effectivement travailler dans le secteur de la communication, ce n’était pas une vocation. Je pense néanmoins que j’étais « communicante » dans l’âme depuis toute petite avec l’envie de transmettre, d’échanger et de faire se rencontrer des univers différents. Du coup, j’ai d’abord appréhendé ce métier non comme une simple « vitrine » pour faire beau ou pour paraître mais comme une formidable opportunité de comprendre les autres, construire à plusieurs et se projeter ensemble dans une vision commune.  

Vous êtes ensuite passée par le Celsa, quelle était la place des femmes dans ces écoles ? 

C’était il y a près de 20 ans et on n’y était pas du tout en termes de parité…Il n’y avait que des hommes dans les cours magistraux de l’amphi Boutmy et un peu de plus de femmes certes parmi les maîtres de conférence. J’espère bien que les choses ont changé aujourd’hui !

Vous avez eu des expériences professionnelles diverses, laquelle avez-vous préféré ?

Les expériences se complètent et s’enrichissent. J’ai aimé les périodes de ma vie en tant que salariée tout autant que mes périodes d’entrepreneuriat. On fait appel à des compétences différentes, on sort de sa zone de confort régulièrement pour découvrir de nouveaux mondes professionnels et réapprendre : la vie professionnelle doit se vivre comme un processus itératif de formation continue ! 

Chez Rêv’Elles, quelles sont vos missions ? 

Je suis chargée de mieux faire connaître le rôle de l’association auprès de différents publics (bénéficiaires, partenaires, financeurs, grand public) et à accroître sa visibilité de façon pérenne. Se posent aujourd’hui des questions de changement d’échelle et d’essaimage, et cela interroge notre vision à long terme de projet et de modèle économique. C’est passionnant !

Pouvez-vous nous détailler le rôle de l’association ?

Rêv’Elles est née en 2013 du constat suivant : les jeunes filles de milieux modestes sont doublement touchées par le poids du déterminisme social. Aux facteurs socio-économiques, à la modestie du milieu social, s’ajoutent les discriminations liées au genre. Elles ont encore trop souvent des études secondaires interrompues, une orientation par défaut vers la filière professionnelle, des familles peu informées sur les cursus possibles, des métiers insatisfaisants… Pourtant, elles ne manquent ni d’énergie, ni d’imagination, elles ignorent juste deux choses : la multitude des possibilités qui peuvent s’offrir à elles et la force de leur propre potentiel. Rêv’Elles développe des programmes adaptés pour faire en sorte que chaque jeune fille, quel que soit son milieu social, puisse être en capacité de rêver, choisir et s’approprier sa propre vie, personnelle et professionnelle, en toute connaissance de cause. Elles sont accompagnées sur la durée en bénéficiant de programmes thématiques adaptés, notamment sur le plan professionnel. Elles intègrent surtout un collectif composé de femmes actives inspirantes, les rôles modèles, formant ainsi une communauté d’entraide et de motivation engagée autour des valeurs de sonorité et de bienveillance. 

Rêv’Elles est votre première expérience associative comme salariée, le travail est-il différent que dans d’autres structures ?

Quel que soit le milieu professionnel dans lequel j’ai pu travailler ces vingt dernières années, j’ai toujours essayé d’appréhender ma fonction de communicante avec une même posture : partir de la logique du « récepteur » plutôt que de « l’émetteur », c’est à dire d’abord comprendre celles et ceux à qui l’on veut parler et transmettre avant de vouloir parler de soi ! Par ailleurs, une bonne communication requiert également une certaine rigueur en termes d’outils et de process à mettre en place, donc, sur ce plan-là, travailler pour une marque commerciale, une ville ou une association n’est pas fondamentalement différent. Ce qui change essentiellement aujourd’hui est le sens et l’engagement que je mets dans mon activité professionnelle. J’ai à cœur de pouvoir mettre mon expérience et mes compétences au service d’une cause et d’un projet qui me semble utile, voire essentiel pour pallier les dysfonctionnements structurels de notre société en ce qui concerne l’égalité des chances et l’égalité femmes-hommes.

Vous aviez déjà un engagement féministe ?

Mon engagement féministe est le prolongement naturel de mon engagement depuis plusieurs années en faveur d’une transition sociale et démocratique de nos sociétés malheureusement encore trop ancrées sur un modèle patriarcal. Je me retrouve ainsi assez aisément dans les courants de pensée relevant de l’intersectionnalité : il me parait aujourd’hui essentiel d’agir à différents niveaux pour lutter efficacement et de façon cohérente contre les différentes formes de domination ou de discrimination. 

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